Vous êtes dans : Accueil > Soins > Médecine générale > La prise en compte des spécificités des usagers en santé mentale

La prise en compte des spécificités des usagers en santé mentale

Examiner, explorer, évaluer, diagnostiquer, traiter et informer représentent certes la routine de toute consultation de médecine, mais l’usager en santé mentale requiert une empathie, une patience et une communication particulières.

Accompagner, réassurer, pacifier et faciliter à ces patients l’accès à des consultations citoyennes, publiques et/ou privées et privilégiées nécessite une longue expérience, des correspondants patiemment amadoués et surtout la mise en place d’un personnel dédié, l’agent de liaison.

Intégrer les particularités et les spécificités du malade psychiatrique pour dépister, prévenir et éduquer nécessite une réflexion centrée sur les besoins des patients et une collaboration ouverte surtout dans les champs  particuliers des co-morbidités, de la douleur, de la nutrition et de la sexualité.

Une particulière attention est dévolue au recensement des facteurs de risque, des co-morbidités cardio-vasculaires qui peuvent être prévenus et combattus, afin de diminuer leur surmortalité. (sédentarité, HTA, diabète, syndrome métabolique, dyslipidémie, surcharge pondérale et obésité, surconsommation tabac et alcool).

Afin d’identifier précocement les éléments d’une iatrogénie fréquente et préoccupante, chaque patient hospitalisé bénéficie d’une évaluation à 3 niveaux :

Toute anomalie de cette évaluation, fait l’objet d’une analyse conjointe entre psychiatre et somaticien afin de choisir et mettre en œuvre, le meilleur plan de soin personnalisé, compatible avec l’état psychiatrique du patient.

Cette évaluation est répétée semestriellement pour les patients en séjour prolongé, (PSP) hospitalisés à Neuilly-sur-Marne et instaurée pour les patients des autres sites dont la durée de séjour excède 6 mois.

Elle s’intéresse particulièrement pour les prévenir à des pathologies fréquentes chez les patients en séjour prolongé et modélise la prise en charge somatique de tous les patients hospitalisés :

Surtout cette évaluation comporte plusieurs volets habituellement délaissés mais pourtant responsables de bien des désagréments pour les patients :

Mais à terme, chaque patient hospitalisé ou suivi en CMP, devrait bénéficier idéalement d’un suivi semestriel comprenant au minimum :

De plus tout patient traité par des psychotropes au long cours, devrait en outre bénéficier tous les deux ans, de :

C'est le challenge de la médecine de liaison de réussir à coordonner les actions des intervenants autour du patient pour atteindre ces objectifs de santé publique.

Avant et après l’hospitalisation, la recherche ou la dotation d’un médecin traitant, avec lequel le suivi somatique est défini dans un plan de soin personnalisé pour chaque patient est indispensable pour éviter la rupture de cette prise en charge globale. La communication entre psychiatre référent, médecin traitant et médecin somaticien de liaison est définie et devrait bénéficier de la facilitation apportée par le dossier médical partagé. Le réseau Psysom est l’embryon de ce modèle de prise en charge. Il est actuellement en cours de réalisation dans le XVIIIe arrondissement et a reçu le soutien de la Communauté Hospitalière de Territoire, regroupant les Hôpitaux psychiatriques de Paris.